| Joie belle étincelle divine qui pétille dans les
cieux en ce dimanche 11 mai 1997... “Aujourd’hui je salue le Liban (...) Ces circonstances me
permettent d’être sur votre terre pour la première fois et de dire l’amour
que l’Eglise et le siège apostolique portent à votre nation, à tous les
Libanais.” C’est en ces termes empreints d’une vive émotion que le
Souverain Pontife s’adresse aux cinq cent mille personnes venues à
Beyrouth de tous
les coins du Liban et même du monde pour l’écouter, le voir, l’acclamer.
Le courant est vite passé entre Jean-Paul II et les croyants de tous les
rites, de toutes les communautés qui se trouvent sur le terrain de la
Place des Martyrs et de la base navale. C’est la plus grande foule qu’ait
jamais connue le Liban. Ils sont venus du Brésil, de Chypre, de Jordanie,
du Canada, de Syrie, de France, d’Australie, des Etats-Unis pour vivre au
Liban les deux jours historiques de la visite de l’Homme en Blanc. Le
message d’espérance du Saint-Père est parfaitement reçu par la foule.
 Jean-Paul II en compagnie des prélats qui
ont concélébré la messe avec lui. A ses côtés Mgr Boulos Matar,
archevêque maronite de Beyrouth. Plus de 1.200 prêtres étaient
présents.
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 L’arrivée triomphale de Sa Sainteté
avec le cardinal Sfeir. La «papamobile» est recouverte de pétales de
roses jaunes et blanches. Le Saint-Père a ouvert les fenêtres de son
véhicule pour pouvoir saluer de plus près la
foule.
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 Le président du Conseil, M. Rafic
Hariri et son épouse Nazek qui ont suivi avec attention et émotion
toute la cérémonie. Derrière eux M. Elie Ferzli, vice-président du
parlement.
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 Le président de la République et Mme
Elias Hraoui au cours de la messe. Une chaleur naturelle ajoutée à
la chaleur de l’ambiance, ont fait «griller» les cœurs et... les
têtes. Derrière eux, le ministre d’Etat M. Michel Eddé. «Désormais
nous ne serons jamais plus les mêmes», ont dit les Libanais.
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 Le chef du Législatif M. Nabih Berri
et son épouse Randa au cours de la messe.
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“ASSALAM LAKOM” Le dos tourné aux
ruines du centre-ville, le Pape a salué les fidèles en leur lançant en
arabe: “Assalam Lakom”. Après le mot de bienvenue du cardinal-patriarche
Sfeir (publié in extenso plus loin). Le Pape a demandé aux Libanais de
hâter la réconciliation, de l’achever, d’inaugurer une nouvelle page de
l’Histoire du Liban. Jean-Paul II a, également, souligné que le Liban
“pays biblique a eu le privilège extraordinaire d’avoir eu le Christ comme
“premier évangélisateur”, ce pays ayant été pendant de très nombreuses
années un modèle de convivialité et de coexistence. “Nous voulons dire au
monde l’importance du Liban et l’importance de sa mission au long des
siècles.”
JEAN-PAUL II: “LES SOUFFRANCES DES ANNÉES
PASSÉES NE SERONT PAS VAINES” Sur demande libanaise,
Jean-Paul II a fait un ajout dans son homélie évoquant la question du
Liban-Sud et la crise au Proche-Orient déclarant: “Parlant de Tyr et de
Sidon, je ne peux omettre de mentionner les grandes souffrances que
connaissent leurs populations. Je demande aujourd’hui à Jésus de mettre
fin à ces douleurs. Et même j’implore de lui la grâce d’une paix juste et
permanente au Proche-Orient dans le respect des droits et des aspirations
de tous.” Soulignant que la messe est célébrée dans les ruines du cœur
historique de Beyrouth, le Pape s’est déclaré convaincu “que les
souffrances des années passées ne seront pas vaines”. “Elles fortifieront
votre liberté et votre unité”, a-t-il dit. A la fin de la messe et avant
de remettre le texte de l’exhortation apostolique aux patriarches,
évêques, supérieurs et supérieures de congrégations religieuses et
laïques, le secrétaire général au Liban, Mgr Cyrille Bustros, a lu de sa
voix forte un texte retraçant les différentes phases du synode et
exhortant les fidèles à se réjouir, déclenchant un tonnerre
d’applaudissements. Le texte de l’exhortation, relié de cuir rouge, a
ensuite été remis à ses destinataires. La messe est le point culminant,
l’apothéose des 32 heures de la visite du Pape au Liban. Les gens ont les
larmes aux yeux. Nombreux sont ceux qui ne veulent pas quitter la vaste
esplanade, entonnent des chants et des cantiques. On entend souvent
l’“Hosanna” du Dimanche des Rameaux. Au moment où le Pape dit:
“Donnez-vous le salut de la Paix”... tout le monde obéit à cette invite et
on voit pour la première fois des personnes émues qui saluent d’autres
inconnues comme des frères. Ce sont les cœurs qu’a fait parler Jean-Paul
II. Il est difficile devant une telle assemblée de penser que ces mêmes
personnes ou des membres de leurs familles, de leurs clans se soient
entretués au cours des précédentes années, d’un passé si proche et qui
semble pourtant révolu.
NOTRE DAME DU LIBAN, SAINT MARON, SAINT CHARBEL
ET SŒUR RAFQA A la fin de la messe, Jean-Paul II qui voue
une affection filiale à la Vierge Marie, lui adresse une prière ainsi
qu’aux Saints du Liban: Saint Maron, Saint Charbel et la Bienheureuse Rafqa. Jean-Paul II a, également, annoncé qu’il souhaitait pouvoir très
prochainement béatifier le père Hardini, un moine et prêtre maronite du
XIXe siècle, qui a occupé, entre autres, la fonction de maître de novices,
parmi lesquels se trouvait Saint-Charbel. Il a imploré Notre-Dame du Liban
à protéger les fils et les filles du Liban et demandé à la Vierge de
“réconforter avec son affection maternelle les plus pauvres, ceux qui
souffrent dans leur corps ou dans leur cœur, les prisonniers et les
réfugiés.” “Notre-Dame du Liban veille sur le peuple tout entier qui vit
sur cette terre si éprouvée. Le successeur de Pierre, venu ici porter à
tous un message de foi et d’espérance, te le confie”. a poursuivi
Jean-Paul II, souhaitant qu’“au seuil du nouveau millénaire, se réalisera
la prophétie d’Isaïe: dans peu de temps, très peu de temps, le Liban se
changera en verger, et le verger sera pareil à une grande forêt.” “Sainte
Vierge, accorde à ce peuple aux antiques racines et pourtant toujours
jeune qu’il reste le digne héritier de son illustre histoire qu’il bâtisse
avec dynamisme son avenir, dans la dialogue entre tous, le respect mutuel
entre les différents groupes, la concorde fraternelle. Reine de la paix,
protège le Liban, Reine de la paix, nous te prions, écoute-nous.” a conclu
le Souverain Pontife.
“LE LIBAN, LA PATRIE JUSTE DE TOUS LES
LIBANAIS” Le compte à rebours a commencé. Il ne reste pour
le Saint-Père que sept heures avant de s’envoler pour Rome. Sept heures
qui passent comme un rêve... Les gens sont nostalgiques. Ils ne quittent
pas des yeux la “papamobile” qui s’éloigne. Ils sont émus, mais la joie
est au cœur. Tous ont compris, ou du moins on l’espère, que “la
coexistence est indispensable pour que le Libanais puisse vivre sa Foi”,
qu’elle soit catholique, chrétienne ou musulmane. Un groupe de jeunes,
parmi eux de nombreux scouts entonnent le chant des adieux, repris par le
dernier carré des fidèles, tous fiers de pouvoir dire: “J’étais là...”
“Oui nous nous reverrons mes frères ce n’est qu’un au-revoir...” (...)
“Car Dieu qui nous voit tous ici saura nous réunir...”
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